Bon ça y est je me remotive enfin à réécrire sur mon blog. Ca fait un mois que je suis partie et c’est presque l’heure de faire un premier bilan.
Je me remets doucement de ma crise de palu, j’ai un peu cru que j’allais mourir mais ça va…
J’aurais au final passé un petit mois sur la ville de Kinshasa, ville culturellement parlant intéressante. J’ai eu la chance de voir de très bons concerts, Seun Kuti avec l’orchestre du père, d’autres très bons concerts de jazz. Kinshasa est une ville qui fourmille, ce n’est pas vraiment une ville qui se visite, ni où l’on peut littéralement se promener, mais c’est une ville qui se ressent.
Je pense avoir assez digéré mon premier choc culturel pour pouvoir commencer à apprécier, et à raconter. Il y a eu beaucoup de choses difficiles à déchiffrer pour moi ici, malgré mes nombreux voyages. J’ai dû prendre tout ce que je savais déjà, le mettre dans ma poche, et réapprendre.
Tout est foncièrement différent de l’Asie ici, première chose. Les repères que j’ai pu me réapproprier sont certains que j’avais déjà identifiés en Amérique du Sud. Le fatalisme et la foi évangéliste pouvant aller parfois à mes yeux jusqu’au fanatisme. La dureté du pays aussi.

Une petite vue de l’avenue principae de Kinshasa
La réalité est parfois dure, l’arrivée à l’aéroport est déjà en soi quelque chose. Il fait une chaleur étouffante, il y a des gens partout. Là, le douanier commence à vous embrouiller « Mais, vous avez eu votre visa le 30 janvier et vous avez voyagé le 30 janvier, vous n’êtes pas en règle. » Non, j’ai eu mon visa le 20, la prochaine fois faudra essayer autre chose pour arrondir tes fins de mois. Ensuite arrivée dans la salle pour récupérer les bagages, pareil, des gens partout qui essaye de prendre ta valise pour la porter Dieu sais où. « Non mais viens madame, suis moi » Heu, comment te dire… non. Et ensuite pour sortir de l’aéroport il faut descendre des marches, et là on se retrouve face à une vingtaine (dans mon souvenir, ils sont au moins mille, mais je crois que j’exagère) de gamins des rues. Ces gamins sont pour moi un phénomène difficile à encaisser. Orphelins, ou rejetés de leurs familles, ils vivent livrés à eux-mêmes sur les trottoirs de Kinshasa. Hauts comme trois pommes mais pour certains déjà ex enfants soldats, ils sont les premières victimes de toutes les formes de violences physiques et sexuelles imaginables, et développent de ce fait une agressivité fatale.
Arrivé à ce stade du périple, il faut s’arrêter, attendre le chauffeur, quelqu’un. Et traverser ensuite cette mini foule pour arriver enfin à la voiture.
J’ai quitté Kinshasa, avec un vol humanitaire cette fois, aéroport plus petit et beaucoup plus calme, il y a dix jours pour l’Est du pays. Après un passage éclair à Goma, où ma première impression fut celle d’avoir vu autant de Kalachnikov que de personnes physiquement apte à en tenir une, j’ai pris le bateau pour traverser le lac Kivu et arriver sur Bukavu.
J’aurais encore du mal à parler de Bukavu. Prise d’un accès de palu à mon arrivée, je me remet juste, doucement, et n’ai quitté la maison pour l’instant que pour de rares occasions. Mais je suis bien installée, la maison est belle avec vu sur le lac, les gens sont intéressants.
Je pense donc m’arrêter ici pour cette fois, et reprendre mon récit plus tard.













